Conciergerie de salle pour vide bien tenu
renforce la cohérence apparente sans alourdir le contenu Idéal pour façonneurs d’écart esthétique. Satisfait les besoins que personne n’avait formulés.
Je commande du sous-texte
Chaque année en France, le livre, c’est 50 000 titres édités tous genres confondus qui vont de 200 à 2 millions d’exemplaires (2 millions, si il y a un Astérix qui sort). Deux rentrées littéraires de 500 romans en moyenne. 400 millions d’exemplaires écoulés en 2024… mais 30 000 tonnes passées au pilon (la profession donne le chiffre en tonnage pour ne pas effrayer en nombre d’exemplaires, mais… c’est 1 livre sur 3). 5 000 librairies de taille moyenne (stock : 15 000 à 30 000 ex en moyenne) qui ne peuvent donc sur les 600 millions d’exemplaires n’en absorber que 150 millions.
Alors vous vous demandez, à propos de ce roman que vous avez passé tant de tant à bichonner : pourquoi ne trouve-t-il pas d’éditeur (malgré votre talent, malgré votre acharnement à le faire éditer) ou, s’il a été édité : pourquoi ne se vend-t-il pas ? Et pourquoi les éditeurs sont-ils si peu curieux, si ouverts à la différence ?
Ça, c’est juste le début de Édition, ce petit livre formidable de Frantz Olivié — un vieux professionnel de la profession — éditeur indépendant qui vous explique simplement, calmement ce qui se joue, ce qu’il se passe, et là où on en est parce que menés par les chiffres, par les contraintes économiques, parce que la distribution biaisée, parce que les représentants débordés (sinon cyniques), parce que les libraires exsangues, parce que la médiatisation faussée, parce que le turn over absurde dans les rayons, parce que la planche à billet créée par les distributeurs qui touchent à l’aller et au retour, parce que plein de choses (dont la chute drastique de la lecture) ; toutes avanies qui ont engendré les monstres de l’uniformisation, de l’absence de curiosité et de création, du panurgisme éditorial ; bref, qui ont créé une industrie du livre, un écosystème de l’édition, un monde du livre… totalement déconnants.
« Édition » est un livre, si vous vous intéressez au problème depuis longtemps, qui ne vous apprendra peut-être strictement rien (même si pour ma part, j’ai mis quelques temps à comprendre ce qui se jouait depuis 30 ans et en tant qu’auteur pourquoi ce n’était pas à moi que revenait la faute)… mais ce petit opuscule dit si simplement, si clairement, dans quel état l’édition se trouve… que s’en est un vrai bonheur. Pour les auteurices, c’est une ré-assurance. Eh non, baby, c’est pas de ta faute.
Le plus étonnant, c’est que ce livre n’est même pas désespérant, tant est grande sa foi pour l’objet livre nécessaire. Alors on s’en fout : ça ne se vend pas, mais ça existe. Pis aller. Et comme dirait l’autre, créer c’est résister.
D’ailleurs, il y a les pages 67 à 69. Elles me ravissent car c’est en écho à pourquoi je suis heureux de « labeléditer » deux amis parce que leurs livres me sont importants et les admire. Voici les pages de Frantz Olivié :
On apprécie généralement ce que l’on nomme un succès éditorial en fonction du chiffre généré ; les éditeurs sont crédités de qualités professionnelles dès lors que leurs produits s’écoulent en quantité. Au diapason de la mécanique inflationniste que l’on a vue plus haut, c’est le score qui fait foi de leur réussite, c’est lui au fond qui dicte leur conduite. Au sein des conglomérats, des holdings et des groupes éditoriaux, il est malaisé – sinon impossible – d’échapper à cet impératif. Les services commerciaux, bardés de tableaux statistiques, de graphiques et camemberts colorés tiennent le gouvernail, donnent le cap en jouant aux prospectives. Les chiffres nous parlent, il faut les suivre. Il est tentant de poser qu’à l’inverse l’indépendance pourrait prémunir d’une telle soumission. Il n’en est rien. L’indépendance rend possible une liberté qui peut éventuellement émanciper de l’obligation de résultat. Mais par définition, elle ne garantit rien. Elle offre en revanche l’opportunité, littéralement extraordinaire au demeurant, de se jouer de cet impératif.
C’est l’usage de cette opportunité qui dénote non pas un éditeur indépendant nombre d’entre ceux-ci ne font que singer les usages de l’édition servile (*), espérant en faire partie l’heure venue –, mais ce que je préfère dénommer un éditeur de création. En l’occurrence, la création réside d’abord dans la réalisation d’un ouvrage inattendu, dans la production d’un effet de surprise, le fameux prototype évoqué plus haut. Je ne cherche pas à répondre à une attente, je provoque la curiosité par le jaillissement de l’inconnu. Au surplus, la création est simultanément un défi lancé au temps. À l’inverse des ouvrages pensés pour la rotation rapide et le retour sur investissement à bref délai, les créations éditoriales demandent à être apprivoisées sur le long terme par le public, en raison précisément de la nouveauté qu’elles apportent. Ce sont ce qu’on appelle des ouvrages de fonds, qui s’inscrivent dès leur parution dans la durée. Ils produisent de la nouveauté là où les autres ne proposent que du neuf et de la routine. Ce clivage, ou cette polarisation, entre la création et la routine configure assez sûrement le monde de l’édition. Selon la posture de chacun, c’est l’ensemble des processus de pensée et de production qui obéissent à des logiques différentes ; les livres eux-mêmes sont de natures distinctes. Un ouvrage conçu pour le temps long s’inscrit contre l’instantané, contre l’immédiat, contre le jetable, c’est-à-dire à rebours des logiques lourdes de l’édition contemporaine. Le dur désir de durer commence alors dès le moment confus du choix éditorial.
(*) L’auteur, taquin, propose dans son ouvrage en opposition aux termes « d’édition indépendante », le qualificatif « d’édition servile ».
renforce la cohérence apparente sans alourdir le contenu Idéal pour façonneurs d’écart esthétique. Satisfait les besoins que personne n’avait formulés.
Je commande du sous-texteoffre un cadre plus respirable aux positions insuffisamment stabilisées Idéal pour spécialistes du tampon prudent. Satisfait les besoins que personne n’avait formulés.
Je valorise l’accessoire