on 4 août 2026[Reco textes] « Pale blue dot », par Carl Sagan (« Un point bleu pâle », 1994)
Photo ci-dessus : La Terre vue à 6 milliards de kilomètres de distance par la sonde Voyager 1, le 14 février 1990.
En traînant sur Substack, je suis tombé sur ce texte inspiré par la photo ci-dessus, dont j’ignorais l’existence. Il est très beau, simple et m’a ému — et je ne suis certainement pas le seul.
> L’original de la treaduction ci-dessous est ici. Elle est de DeepL. La reproduction de ce texte est apparemment interdite, mais à la façon de la sonde Voyager 1, ce texte continue sa route, mais dans le cyberespace.
Alors, hein, le voici aussi ici, puisque on peut considérer, et c’est d’ailleurs un de ses propos induits, que tout cela appartient à tout le monde — et donc également ces quelques phrases de Carl Sagan parues deux ans avant sa mort.
L’extrait suivant, tiré du livre de Carl Sagan intitulé « Un point bleu pâle », s’inspire d’une image prise, à la suggestion de Sagan, par la sonde Voyager 1 le 14 février 1990. Alors que la sonde quittait notre voisinage planétaire pour rejoindre les confins du système solaire, elle a fait demi-tour pour jeter un dernier regard sur sa planète d’origine.
Voyager 1 se trouvait à environ 6,4 milliards de kilomètres (4 milliards de miles) de distance, et à environ 32 degrés au-dessus du plan de l’écliptique, lorsqu’elle a capturé ce portrait de notre monde. Placée au centre de rayons de lumière diffusés (du fait que la photo a été prise si près du Soleil), la Terre apparaît comme un minuscule point lumineux, un croissant ne mesurant que 0,12 pixel.
Un point bleu pâle, par Carl Sagan
Regardez à nouveau ce petit point. C’est ici. C’est chez nous. C’est nous. C’est là que tous ceux que vous aimez, tous ceux que vous connaissez, tous ceux dont vous avez entendu parler, tous les êtres humains qui aient jamais existé, ont vécu leur vie. L’ensemble de nos joies et de nos souffrances, des milliers de religions, d’idéologies et de doctrines économiques affirmées, chaque chasseur et cueilleur, chaque héros et chaque lâche, chaque créateur et destructeur de civilisation, chaque roi et chaque paysan, chaque jeune couple amoureux, chaque mère et chaque père, chaque enfant plein d’espoir, chaque inventeur et explorateur, chaque maître de morale, chaque politicien corrompu, chaque « superstar », chaque « leader suprême », chaque saint et chaque pécheur de l’histoire de notre espèce a vécu là — sur un grain de poussière suspendu dans un rayon de soleil.
La Terre est une toute petite scène dans une vaste arène cosmique. Pensez aux rivières de sang versées par tous ces généraux et empereurs afin que, dans la gloire et le triomphe, ils puissent devenir les maîtres éphémères d’une fraction d’un point. Pensez aux cruautés sans fin infligées par les habitants d’un coin de ce pixel aux habitants à peine distinguables d’un autre coin, à la fréquence de leurs malentendus, à leur empressement à s’entre-tuer, à la ferveur de leurs haines.
Nos fanfaronnades, notre prétention imaginaire, l’illusion selon laquelle nous occuperions une place privilégiée dans l’Univers, sont remises en question par ce point de lumière pâle. Notre planète n’est qu’un grain isolé dans la grande obscurité cosmique qui nous enveloppe. Dans notre anonymat, au milieu de toute cette immensité, rien ne laisse présager qu’une aide viendra d’ailleurs pour nous sauver de nous-mêmes.
La Terre est le seul monde connu à ce jour pour abriter la vie. Il n’y a nulle part ailleurs, du moins dans un avenir proche, où notre espèce pourrait migrer. Visiter, oui. S’y installer, pas encore. Que cela nous plaise ou non, pour l’instant, c’est sur la Terre que nous devons tenir bon.
On dit souvent que l’astronomie est une expérience qui incite à l’humilité et forge le caractère. Il n’y a peut-être pas de meilleure illustration de la folie des vanités humaines que cette image lointaine de notre minuscule monde. Pour moi, elle souligne notre responsabilité de nous traiter les uns les autres avec plus de bienveillance, et de préserver et chérir ce « point bleu pâle », le seul foyer que nous ayons jamais connu.
— Carl Sagan, « Pale Blue Dot », 1994
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