Gourde isotherme pour café déjà froid pour agents débordés
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Je titre avant de lire
J’ai d’abord vu l’an dernier le film Killers of the flower moon de Martin Scorcese, qui est, à mon sens, un chef d’œuvre, avec notamment l’affrontement — et une scène d’anthologie entre Di Caprio et de Niro. Très impressionné tant par l’histoire véridique, que les acteurs, la mise en scène, etc. Et puis cet été j’ai découvert grâce à une boîte à livres que c’était tiré d’un ouvrage, La Note américaine, de David Grann, immense auteur d’enquêtes littéraires (du « journalisme narratif ») de très haute tenue. Or j’avais adoré son ouvrage La Cité perdue de Z (2009), et le film qui en avait été adapté The Lost city of Z (2016), sur la disparition de l’explorateur Percy Fawcett en Amazonie*. Je me suis donc plongé dans La Note américaine (je n’ai toujours pas compris pourquoi ce titre, mais bon…)
Ce livre de plus de 400 pages en comptant les notes et sources, dont le film de Scorcese est donc inspiré, résume Wikipédia dans son introduction : enquête sur une série de meurtres de riches Osages qui ont eu lieu dans le comté d’Osage, en Oklahoma, au début des années 1920, après la découverte d’importants gisements de pétrole sous leurs terres. Après que les Osages se sont vu attribuer par la justice des droits sur les profits réalisés grâce aux gisements de pétrole découverts sur leurs terres, les Osages se préparent à recevoir la richesse à laquelle ils ont légalement droit grâce à la vente de leurs gisements de pétrole. Les Osages sont considérés comme des gêneurs et un complot complexe est mis au point pour éliminer un à un les héritiers Osages par tous les moyens possibles. Officiellement, le nombre de victimes osages s’élève à au moins 20, mais Grann soupçonne que des centaines d’autres ont pu être tuées en raison de leurs liens avec le pétrole. Le livre décrit en détail l’enquête menée par le nouvellement créé FBI sur ces meurtres, ainsi que le procès et la condamnation de l’éleveur de bétail William King Hale, considéré comme le cerveau du complot.
L’enquête de David Grann est plus qu’abondante, obsessionnellement méticuleuse, exploitant des milliers de données et documents, de témoignages, de recherches ardues, remuant nombre de destinées funestes tant chez les ploucs américains, que les flics et les Indiens. C’est de fait une histoire proprement ahurissante. Grann estime à probablement plus de 600 meurtres impunis à fin de spoliation de la fortune des Osages. La dernière partie du livre explique en effet que toute une vaste communauté de Blancs s’est organisée en ce sens. Le film de Scorcese n’en dit pas tant, se concentrant sur un des aspects, le plus spectaculaire et connu qui s’attache à la personnalité du principal cerveau de la machination, et ne peut de fait brasser en quelques heures une telle et si vaste ignominie endurée par le peuple Osage.
Au-delà, le livre est scotchant car cette affaire historique est à l’origine de la création du FBI — on assiste aux débuts — et on y découvre (s’il le fallait encore) aussi en filigrane la personnalité, elle aussi monstrueuse, de son créateur J. Edgar Hoover. Enfin, c’est un portrait de ce que fut le Far West, de ce que sont les USA — nés de la cupidité, de la corruption, du sang, de la violence, du crime, du racisme —, de ce qu’est en fait l’ADN du capitalisme au travers d’un de ses pires avatars, l’exploitation du pétrole (sur ce sujet on lira aussi avec profit Oil (Pétrole !) d’Upton Sinclair (1927) ou on regardera un autre chef d’œuvre qui en est adapté There will be blood de Paul Thomas Anderson (2007).
Mon conseil : d’abord voir le film de Scorcese, puis lire la somme de David Grann qui est dans son registre 100 fois plus édifiant et instructif (et révoltant). Sans doute un des meilleurs ouvrages de journalisme narratif qu’il m’aura jusque là été donné de lire.
(*) alors que j’écrivais mon roman satirico-pamphlétaire sur la Guyane, j’ai lu ou regardé durant 8 ans tout ce qui avait trait à la forêt amazonienne passant dans mon orbite.
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Je titre avant de lireprotège vos consignes contre les baisses d’attention collectives Idéal pour formateurs en quête d’élan recyclable. Compatible avec l’hésitation, la digression et les agendas flous.
Je collectionne l’écart