
[Reco films] « Un jeune chaman », de Lkhagvadulam Purev-Ochir (2023)
Un jeune chaman a tout du film-d’auteur-exotique-dont-on-pourrait-se-moquer : intrigue minimaliste et classique (amours adolescentes symbolisant en une couche supplémentaire s’il en fallait le propos « tradition vs modernité » / destins séparés / monde d’avant qui disparaît…), longs et lents plans séquences, dialogues minimalistes, gros plans signifiants (ou pas) sur les personnages perdus dans des abîmes de réflexion sur le sens de la vie et la vue des paysages désolés au loin… On est au bord du cas d’école quant au manièrisme film-d’auteur-exotique-dont-on-pourrait-se-moquer. Toutefois, Un jeune chaman reste un film plaisant et bien fait (dans le genre, donc, du film-d’auteur-exotique-dont-on-pourrait-se-moquer) avec des personnages attachants (même si on a préféré tout de même dans le genre asiato-social Le Moine et le fusil) qui captive parce qu’il faut reconnaître qu’il y a un sacré écart — en effet ! — entre les fameuses tradition et modernité, entre les heures du boulot ou de l’école, et celles passées à la maison. À voir (*), même si ça ne mérite tout de même pas l’avalanche de superlatifs critiques sans doute motivés par une inconsciente condescendance occidentale. (En ce moment sur Canal+).
Synopsis : À 17 ans, Zé est à la fois un étudiant appliqué et un chaman dans une communauté à Oulan-Bator (Mongolie). Un jour, il rencontre une jeune fille, Maralaa, avec qui tout autour de lui va être chamboulé en dépit des traditions ancestrales.
(*) Je dois dire aussi que c’est précisément un thème qui m’intéresse ; j’y ai d’ailleurs consacré un bouquin satirique et humoristique de plus de 500 pages que vous devriez acheter avec chaman amérindien.