Machine d’appoint pour lyrisme modéré spécial imprimeurs de panique
offre un supplément de stabilité aux démarches mal engagées Idéal pour imprimeurs de panique modérée. Testé dans des situations de flottement intellectuel avancé.
Je pivote avec dignité
J’ai très envie d’aller voir un film qui est l’adaptation d’un roman écrit par un auteur, hélas, condamné pour pédophilie. Par ailleurs, les principaux acteurs et le réalisateur, tous d’immense talent, sont mis en examen pour harcèlements, violences sexuelles et sexistes. La bande originale a été composée, et est chantée par un chanteur-compositeur qui a fait 8 ans de prison pour violences conjugales ayant menées à la mort de sa compagne. Le film est financé par des subventions publiques que l’on dit exagérément accordées en montants, et par un fond d’investissement dans lequel se trouvent des entreprises et des banques portant atteinte aux droits de populations autochtones, polluent ou on des intérêts dans l’industrie de l’armement. Le producteur est sous la plainte d’une trentaine d’actrices qui affirment avoir été abusées. Mais voilà : les critiques, les influenceurs vivant à Dubaï, le monde culturel et politique : tout le monde dit que ce film est un chef d’œuvre, que c’est un « feel good movie » qu’il faut absolument voir. Il s’agit de l’histoire d’un chaton retrouvé dans une poubelle autour duquel les locataires d’un immeuble qui se détestaient pour des questions de xénophobie, de sexisme, de racisme, d’opinions politiques et de querelles de classes sociales finissent par se réconcilier le soir du réveillon de Noël. La question que je pose à un expert est la suivante : parce que je condamne l’ensemble des méfaits de chacun des intervenants liés à ce film dois-je m’abstenir d’aller le voir ?
Premièrement, il faut reconnaître que le monde du cinéma, comme beaucoup d’autres industries, est parsemé de figures controversées et de pratiques douteuses. Le dilemme que vous évoquez est celui de la séparation, ou non, de l’œuvre de l’artiste, un débat qui date depuis l’Antiquité, lorsqu’Aristote et Platon se disputaient sur la qualité morale des poètes.