{"id":5848,"date":"2025-08-30T10:00:19","date_gmt":"2025-08-30T08:00:19","guid":{"rendered":"https:\/\/francis-mizio.net\/?p=5848"},"modified":"2026-04-11T10:57:06","modified_gmt":"2026-04-11T08:57:06","slug":"chronique-humoristique-parue-dans-shangai-express-n5-mai-2006-le-polar-odorant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/francis-mizio.net\/index.php\/2025\/08\/30\/chronique-humoristique-parue-dans-shangai-express-n5-mai-2006-le-polar-odorant\/","title":{"rendered":"Chronique humoristique parue dans \u00ab\u00a0Shanga\u00ef Express\u00a0\u00bb n\u00b03 (mars 2006) : \u00ab\u00a0Le polar odorant\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>Shanga\u00ef Express<\/em> \u00e9tait en 2006 une revue mensuelle (qui ne v\u00e9cut que 5 num\u00e9ros) sur le polar anim\u00e9e par l&rsquo;\u00e9crivain Laurent Martin et St\u00e9fanie Delestr\u00e9 (devenue depuis directrice de la S\u00e9rie Noire, chez Gallimard) qui obtint \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque le prix de la critique 2006 (Troph\u00e9e Maurice Renault de l\u2019Association 813). Ce magazine au contenu aliment\u00e9 gratuitement par des \u00e9crivains me demandait d&rsquo;\u00e9crire une chronique humoristique que j&rsquo;avais intitul\u00e9e <em>\u00ab\u00a0Bouge pas, j&rsquo;t&rsquo;explique\u00a0\u00bb<\/em>. Voici celle du num\u00e9ro 3, que je viens de retrouver dans le fouillis de mes ordinateurs. Je vais essayer de retrouver les autres. \u00c0 suivre.<br \/>\n<\/strong><em>&gt; On pourra lire l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 de ces chroniques <a href=\"https:\/\/francis-mizio.net\/index.php\/category\/news\/vieux-textes\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">en rubrique \u00ab\u00a0Vieilleries\u00a0\u00bb<\/a><\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Chronique parue dans Shanga\u00ef Express n\u00b03<br \/>\nLe polar odorant<\/strong><strong><br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le polar, \u00e0 l\u2019instar de la SF, est une litt\u00e9rature qui parfois engendre son sous-genre litt\u00e9raire ou de nouveaux codes de genre tr\u00e8s pr\u00e9cis \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une d\u00e9couverte scientifique, d\u2019un bouleversement social, d\u2019un progr\u00e8s quelconque\u2026 Ainsi, sans l\u2019invention du train, on n\u2019aurait pas invent\u00e9 le polar ferroviaire, sans la serrure trois point les meurtres en chambre closes, sans la gay pride, le polar lesbien et sans l\u2019invention du Minitel et de la matrice schyzo\u00efde, le cyberpolar branchouille qui p\u00e8te les plombs (Je sais, mes exemples ne sont pas terribles, mais je suis persuad\u00e9 que vous voyez ce que je veux dire et de qui je parle).<br \/>\nLe 16 mars dernier, une information a peut-\u00eatre annonc\u00e9, mine de rien, l\u2019apparition prochaine d\u2019un nouveau genre litt\u00e9raire :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 120px; text-align: justify;\">\u00ab PEKIN &#8211; La Chine a cr\u00e9\u00e9 la premi\u00e8re banque d&rsquo;odeurs humaines cens\u00e9e aider les chiens de la police \u00e0 confondre les criminels, rapporte l&rsquo;agence Chine nouvelle. \u00c0 Nanjing, dans l&rsquo;est du pays, 500 odeurs diff\u00e9rentes, destin\u00e9es \u00e0 \u00eatre compar\u00e9es avec celles relev\u00e9es sur des sc\u00e8nes de crime, sont ainsi conserv\u00e9es \u00e0 -18\u00b0C. <em>\u00ab\u00a0De cette mani\u00e8re, les \u00e9chantillons gardent leur fra\u00eecheur pendant au moins trois ans\u00a0\u00bb<\/em>, a expliqu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;agence Song Zhenhua, le cr\u00e9ateur de la banque. L&rsquo;agence n&rsquo;a pas indiqu\u00e9 comment les effluves seront pr\u00e9lev\u00e9s. Dans d&rsquo;autres pays, les enqu\u00eateurs pr\u00e9l\u00e8vent les odeurs sur des v\u00eatements, les captent gr\u00e2ce \u00e0 des feuilles de gaze et les conservent dans des bo\u00eetes en plastique herm\u00e9tiques \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voil\u00e0 qui est tout bonnement vertigineux. \u00c9grenons les cons\u00e9quences litt\u00e9raires de cette nouvelle. En effet, \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 j\u2019\u00e9cris ces lignes il me plait d\u2019imaginer qu\u2019un type tape furieusement sur son clavier, se pressant pour \u00eatre celui qui publiera le premier polar renifleur. Mais l\u2019Histoire nommera peut-\u00eatre aussi ce courant litt\u00e9raire le \u00ab nez au polar \u00bb, l\u2019odopolar ou la litt\u00e9rature nose (\u00e0 ne pas confondre avec les polars hyper th\u00e9matis\u00e9s qui ne traitent que de coca\u00efne dans le show biz).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Attendons-nous donc \u00e0 voir na\u00eetre l\u2019arch\u00e9type du d\u00e9tective d\u00e9pressif, victime d\u2019une sinusite chronique, ex-nez entr\u00e9 dans la police par d\u00e9go\u00fbt des relents naus\u00e9abonds de la mafia du parfum. Il lutte contre son envie de reprendre la cigarette \u00e0 l\u2019eucalyptus au risque de perdre son job et se demande s\u2019il ne devrait pas quitter sa petite amie qui s\u2019asperge de ce d\u00e9odorant bon march\u00e9 qui br\u00fble la langue. D\u00e9j\u00e0 qu\u2019il n\u2019est pas en odeur de saintet\u00e9 avec le patron \u00ab qui l\u2019a dans le pif \u00bb&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bient\u00f4t les librairies crouleront sous les piles de romans comportant des dialogues bien sentis entre flics qui ont le plus grand mal \u00e0 constituer leur banque de mol\u00e9cules vue leur maigre budget de fonctionnement (<em>\u00ab Qui a mis au frigo les chaussettes du serial killer pr\u00e8s du melon ? \u00bb<\/em>) ou \u00e0 mener leurs enqu\u00eates (<em>\u00ab Lieutenant : non seulement cette affaire pue, mais nous sommes dans le p\u00e2t\u00e9 \u00bb<\/em>) sinon leurs interrogatoires (<em>\u00ab Ton alibi ne tient pas. Tu ne peux cacher que t\u2019\u00e9tais chez la victime le soir de la raclette \u00bb)<\/em>\u2026 Avec toutes les d\u00e9clinaisons que suscite le th\u00e8me : remugles embrouill\u00e9s chez les tanneurs ou les poissonniers ; g\u00e9nies du mal ne se nourrissant que d\u2019asperges et de choux de Bruxelles pour \u00e9garer la brigade canine, erreurs judiciaires (le transexuel portait-il mis un parfum d\u2019homme ou de femme ?), stratag\u00e8mes et coups tordus (escroquerie au spray ar\u00f4me de plastique neuf, braquage \u00e0 l\u2019ionisateur d\u2019air, horrible prise d\u2019otage au d\u00e9sodorisant <em>senteur des pr\u00e9s<\/em>\u2026).<\/p>\n<p>Le nez au polar chic sera aromatique et l\u2019odopolar choc \u00e0 rots mastocs. Le r\u00e9gional sentira le beurre frais ou l\u2019a\u00efoli, le cassoulet ou la choucroute. Les versions hardcore se d\u00e9rouleront dans les d\u00e9charges, dans la profession des d\u00e9boucheurs de canalisations, chez les \u00e9goutiers ou dans les vestiaires des employ\u00e9es de parfumerie. Les polars plus m\u00e9taphysiques ou intellos tortur\u00e9s seront quant \u00e0 eux situ\u00e9s respectivement chez les producteurs de formol ou d\u2019encens et les designers olfactifs. Evidemment, les zo\u00efles et les compass\u00e9s, amateurs de livres aux d\u00e9licats ar\u00f4mes de roses qui se fanent dans des salons confin\u00e9s, se pinceront les narines en se penchant sur ces romans qui osent ventiler les miasmes du social. Fi, nous autres lecteurs revendiqueront la lecture de ces ouvrages qui embaumeront nos nuits blanches. Pour une fois qu\u2019on peut en l\u00e2cher au lit, hein.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Shanga\u00ef Express \u00e9tait en 2006 une revue mensuelle (qui ne v\u00e9cut que 5 num\u00e9ros) sur le polar anim\u00e9e par l&rsquo;\u00e9crivain Laurent Martin et St\u00e9fanie Delestr\u00e9 (devenue depuis directrice de la S\u00e9rie Noire, chez Gallimard) qui obtint \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque le prix de la critique 2006 (Troph\u00e9e Maurice Renault de l\u2019Association 813). Ce magazine au contenu aliment\u00e9<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":5867,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[5,28],"tags":[],"fm_constellation":[141,143,140],"class_list":["post-5848","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-news","category-vieux-textes"],"acf":[],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/piaille.fr\/@francismizio\/115116662271684022","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/francis-mizio.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5848","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/francis-mizio.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/francis-mizio.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/francis-mizio.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/francis-mizio.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5848"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/francis-mizio.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5848\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6075,"href":"https:\/\/francis-mizio.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5848\/revisions\/6075"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/francis-mizio.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5867"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/francis-mizio.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5848"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/francis-mizio.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5848"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/francis-mizio.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5848"},{"taxonomy":"fm_constellation","embeddable":true,"href":"https:\/\/francis-mizio.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/fm_constellation?post=5848"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}