{"id":6245,"date":"2025-09-14T10:00:48","date_gmt":"2025-09-14T08:00:48","guid":{"rendered":"https:\/\/francis-mizio.net\/?p=6245"},"modified":"2026-04-11T10:57:06","modified_gmt":"2026-04-11T08:57:06","slug":"metiers-inconnus-eradiqueur-de-mouettes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/francis-mizio.net\/index.php\/2025\/09\/14\/metiers-inconnus-eradiqueur-de-mouettes\/","title":{"rendered":"[M\u00e9tiers inconnus] \u00c9radiqueur de mouettes"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><em>[Chronique parue dans le d\u00e9funt (et regrett\u00e9) web magazine Terri(s)toires le 17 octobre 2013. Pour obtenir le recueil imprim\u00e9 auto\u00e9dit\u00e9 (14 m\u00e9tiers inconnus),<a href=\"mailto:francismizio@wanadoo.fr\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"> \u00e9crivez-moi,<\/a> il m&rsquo;en reste une vingtaine (gratuit et d\u00e9dicac\u00e9 contre 5 \u20ac de frais d&rsquo;envoi).]<br \/>\n<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\">\u00c9radiqueur de mouettes (Penmarc\u2019h, Finist\u00e8re)<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les esp\u00e8ces animales invasives ne sont pas nouvelles dans l\u2019Ouest. La terrible invasion de mouettes am\u00e9ricaines \u00e0 Penmarc\u2019h (Finist\u00e8re) dans les ann\u00e9es 1895 \u2013 1900 contraignit les autorit\u00e9s \u00e0 temporairement cr\u00e9er un corps de m\u00e9tier inattendu, qui chahuta la qui\u00e9tude sociale et politique de la r\u00e9gion : celui \u00ab d\u2019\u00e9radiqueur de mouettes \u00bb.<br \/>\nL\u2019Am\u00e9rique du nord se souvient du nom d\u2019Eug\u00e8ne Shieffelin, pr\u00e9sident d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 new yorkaise d\u2019acclimatation, pour avoir commis une des plus grosses b\u00eatises de son histoire. C\u2019est lui qui introduisit en effet l\u2019\u00e9tourneau sansonnet \u00e0 New York en en rel\u00e2chant par deux fois dans Central Park (60 en 1890, et 40 en 1891), cr\u00e9ant, sans se douter, ce qui est devenu un des pires fl\u00e9aux naturels des \u00c9tats-Unis et du Canada. L\u2019esp\u00e8ce s\u2019est en effet reproduite sans frein, jusqu\u2019\u00e0 atteindre de nos jours une population estim\u00e9e \u00e0 200 millions d\u2019individus qui ravage les r\u00e9coltes, assourdit les passants, macule statues, immeubles et monuments, et ab\u00eeme la peinture m\u00e9tallis\u00e9e de milliers d\u2019automobiles&#8230;<\/p>\n<p>L\u2019histoire bretonne a, quant \u00e0 elle, oubli\u00e9 l\u2019autre b\u00eatise simultan\u00e9e de Shieffelin\u00a0: l\u2019introduction calamiteuse d\u2019une esp\u00e8ce de mouettes am\u00e9ricaines, l\u2019\u00e9chandon, qui se r\u00e9v\u00e9la l\u00e0 aussi en peu d\u2019ann\u00e9es devenir une catastrophe naturelle. La famille de Shieffelin \u00e9tant originaire de Kerity, c\u2019est en rendant visite \u00e0 une vieille tante qu\u2019il eut l\u2019id\u00e9e de pr\u00e9lever en 1890 ses premiers \u00e9tourneaux dans l\u2019arri\u00e8re-pays. Passionn\u00e9 par les pr\u00e9ceptes d\u2019\u00e9cologie mohawk que lui avait dispens\u00e9s\u00a0Red Balls, un vieux chef indien devenu barman alcoolique sur la 18e\u00a0avenue, Sheffield revint en 1891 pr\u00e9lever de nouveaux sp\u00e9cimens, mais en apportant cette fois<em>\u00a0\u00ab\u00a0en \u00e9change \u00e0 la nature et par souci d\u2019\u00e9quit\u00e9, comme me l\u2019a conseill\u00e9 un vieux sage indien\u00a0\u00bb<\/em>, une centaine de mouettes am\u00e9ricaines qu\u2019il rel\u00e2cha dans le port de Penmarc\u2019h.<\/p>\n<p>Lorsque, on le verra, les cons\u00e9quences de cet acte se firent sentir, on voua de ce c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Atlantique Shieffield aux g\u00e9monies. La moindre des choses, estima-t-on, aurait \u00e9t\u00e9 qu\u2019il fusse au courant des \u00e9crits du fameux ornithologue am\u00e9ricain John James Audubon qui avait not\u00e9 dans son c\u00e9l\u00e8bre\u00a0Birds of America\u00a0:\u00a0<em>\u00ab il n\u2019y a pas plus fourbe et cauteleuse que la mouette \u00e9chandon. Agressive, susceptible, moqueuse, sinon h\u00e2bleuse, elle conquiert tout nouveau territoire avec des m\u00e9thodes que la Nature, si elle poss\u00e9dait les morales et vertus humaines, r\u00e9prouverait. \u00bb <\/em>Il \u00e9tait h\u00e9las trop tard. Shieffield se d\u00e9fendit plus tard maladroitement, en invoquant la difficult\u00e9 qu\u2019il avait eue \u00e0 comprendre ce que marmonnait\u00a0Red Balls\u00a0en fin de soir\u00e9e\u00a0:\u00a0\u00ab<em>\u00a0J\u2019ai entendu qu\u2019il fallait que je proc\u00e8de \u00e0 un \u00e9change standard, mais peut-\u00eatre parlait-il des travaux sur mon automobile. Je ne me souviens plus tr\u00e8s bien&#8230;\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/em><br \/>\nLa mouette \u00e9chandon est de la taille de la mouette du genre\u00a0<em>Larus<\/em>\u00a0; celle que nous nommons go\u00e9land (les petites \u00e9tant du sous genre\u00a0<em>Larini<\/em>). Son plumage est d\u2019un blanc classique, mais l\u2019adulte sur le tard affiche une collerette d\u2019un vert bouteille sur le cou, \u00e0 la base de la t\u00eate. Certains individus, les plus brutaux, portent en sus une sorte de m\u00e9daillon rouge au m\u00eame endroit. Hormis cette diff\u00e9rence de plumage, rien ne distingue l\u2019\u00e9chandon de nos go\u00e9lands, sauf une extr\u00eame pr\u00e9cocit\u00e9 et f\u00e9condit\u00e9 alli\u00e9es \u00e0 une rare agressivit\u00e9 guerri\u00e8re. Et ce fut tout le probl\u00e8me.<\/p>\n<p>On ne poss\u00e8de aucune peinture d\u2019Audubon de la mouette \u00e9chandon, par ailleurs disparue depuis des c\u00f4tes nord-am\u00e9ricaines. Les documents ayant permis de constituer le manuscrit de son\u00a0<em>Oiseaux d\u2019Am\u00e9riqu<\/em>e, conserv\u00e9 \u00e0 la biblioth\u00e8que du Congr\u00e8s, comportent une planche affichant une \u00e9bauche macul\u00e9e d\u2019un vernis vert-blanc, parfois jaune, que certains experts estiment \u00eatre du guano s\u00e9ch\u00e9. Au fusain, griffonn\u00e9s, ces mots rageurs\u00a0:\u00a0<em>\u00ab\u00a0Fichus volatiles, elles ne se laissent m\u00eame pas dessiner et visent sacr\u00e9ment juste. En deux jours, je n\u2019ai d\u00e9j\u00e0 plus rien \u00e0 me mettre et les passants s\u2019\u00e9cartent sur mon passage. J\u2019abandonne.\u00a0\u00bb<\/em><br \/>\nIl fallut moins de deux ans pour que la commune de Penmarc\u2019h se mette \u00e0 vivre un cauchemar. \u00c0 raison d\u2019une couvaison par quinzaine, les mouettes am\u00e9ricaines s\u2019\u00e9taient reproduites \u00e0 un train d\u2019enfer. Organis\u00e9es en v\u00e9ritables escadrilles, elles avaient tout d\u2019abord entrepris de chasser toute concurrence\u00a0: mouettes ou go\u00e9lands autochtones furent chass\u00e9s par elles en un temps \u00e9clair, parfois tu\u00e9s net par des assauts en vol d\u2019une violence inou\u00efe. Il fut courant de voir tomber des go\u00e9lands raides assomm\u00e9s dans les rues ou sur les toits &#8211; ce qui fit en passant la fortune d\u2019un m\u00e9decin et d\u2019un couvreur local.<\/p>\n<p>Le changement d\u2019alimentation, la qualit\u00e9 de l\u2019air avaient en outre d\u00e9r\u00e9gl\u00e9 le m\u00e9tabolisme des oiseaux d\u00e9racin\u00e9s tout en augmentant leur voracit\u00e9 qui s\u2019exprimait aux ports et cri\u00e9es de Penmarc\u2019h et du Guilvinec : leur production de d\u00e9jections semi-liquides \u00e9tait devenue dantesque. En outre, on d\u00e9couvrit tardivement qu\u2019elles avaient p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 un hangar de la route de Kerigou o\u00f9 avaient \u00e9t\u00e9 entrepos\u00e9s des f\u00fbts de miel et de sarrasin en fermentation en vue de fabrication de chouchen. Leur comportement exacerb\u00e9 s\u2019expliquait\u00a0: saoules, elles agressaient tout ce qui bougeait, envoyaient des gicl\u00e9es naus\u00e9abondes \u00e0 tout vent, ricanaient b\u00eatement. Les rues retentissaient de leurs cris, rots et autres d\u00e9flagrations intestinales. L\u2019alcool les incitait \u00e0 forniquer, acc\u00e9l\u00e9rant leur reproduction. On en vint \u00e0 regretter les go\u00e9lands&#8230;<\/p>\n<p>En un premier temps, les habitants assist\u00e8rent, effar\u00e9s, \u00e0 un ph\u00e9nom\u00e8ne qui les d\u00e9passa.\u00a0<em>Ouest-\u00c9clair\u00a0<\/em>du 22 septembre 1894 d\u00e9crivit en ces termes la situation : <em>\u00ab La mouette am\u00e9ricaine va-t-elle faire plus de ravages \u00e0 Penmarc\u2019h qu\u2019il y a trois si\u00e8cles le brigand Guy Eder de la Fontenelle ? On ne compte plus les habitants bless\u00e9s lors de combats de rue ou dans leurs propri\u00e9t\u00e9s contre les volatiles r\u00e9solus \u00e0 en d\u00e9coudre. Trois vieillards ont fait des chutes mortelles sur ce qui devient des mares de guano. Les plus t\u00e9m\u00e9raires qui ont mont\u00e9 des exp\u00e9ditions punitives ont \u00e9t\u00e9 l\u2019objet de v\u00e9ritables repr\u00e9sailles organis\u00e9es par des bandes de mouettes qui les attendaient au coin des toits, les ailes retrouss\u00e9es, le regard brillant et le rire spectral, toujours pr\u00eates \u00e0 vous en larguer une, sinon \u00e0 vous tomber sur les \u00e9paules. On parle d\u2019une femme enceinte \u00e9vanouie par un nuage de gaz malodorant rue de Kervedal. Chacun craint pour les enfants. Les ouvriers de chez Vabre, qui travaillent depuis un an maintenant sur le chantier du phare d\u2019Eckm\u00fchl, se plaignent des attaques et des risques d\u2019accident. Inaugurera-t-on un monument couvert de d\u00e9jections, haut, fier mais d\u00e9goulinant comme une bougie de cire ? Et lorsqu\u2019on songe qu\u2019il n\u2019y a plus de savon, de lessive ou de shampoing \u00e0 vendre \u00e0 des dizaines de kilom\u00e8tres \u00e0 la ronde&#8230; qu\u2019attendent les autorit\u00e9s pour r\u00e9agir ? Penmarc\u2019h retrouvait la prosp\u00e9rit\u00e9&#8230; souhaitons que ce ne soit pas une de ces nombreuses mal\u00e9dictions pass\u00e9es qui revient la frapper. Il ne faudrait pas que nos coiffes bigoud\u00e8nes soit amidonn\u00e9es par n\u2019importe quoi. \u00bb<br \/>\n<\/em><br \/>\nLes autorit\u00e9s r\u00e9agirent fermement. Il en allait alors de l\u2019int\u00e9r\u00eat de la cit\u00e9 qui brillait tant par son activit\u00e9 \u00e9conomique retrouv\u00e9e apr\u00e8s bien des p\u00e9riodes de crise, que par l\u2019ach\u00e8vement prochain du phare. Un recrutement de 300 \u00ab\u00a0\u00e9radiqueurs de mouettes\u00a0\u00bb est alors effectu\u00e9 dans la r\u00e9gion au printemps 1895. Financ\u00e9s par l\u2019\u00c9tat gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019intervention d\u2019un parlementaire breton et par les communes alentour, dont le port de Lesconil qui commen\u00e7ait \u00e0 \u00eatre gagn\u00e9 par l\u2019invasion, les \u00e9radiqueurs \u0153uvr\u00e8rent dans les semaines qui suivirent. Arm\u00e9s d\u2019un fusil, v\u00eatus de pied en cap d\u2019un caban et d\u2019une capuche trait\u00e9s \u00e0 l\u2019huile imperm\u00e9abilisante, certains munis d\u2019\u00e9chelles et de cordes pour aller d\u00e9nicher les couv\u00e9es, ils commenc\u00e8rent \u00e0 ratisser la ville, poser des pi\u00e8ges lors des retours de p\u00eache, installer des filets, des syst\u00e8mes d\u2019aveuglement, diss\u00e9miner du poison, notamment dans de faux f\u00fbts de chouchen.<\/p>\n<p>La population v\u00e9cut terr\u00e9e durant huit semaines pendant l\u2019\u00e9t\u00e9 1895. Dans les rues, sur les quais, les plages, la bataille contre les volatiles fit rage. De nombreux \u00ab\u00a0\u00e9chandonneurs\u00a0\u00bb, comme la population les d\u00e9signa, furent bless\u00e9s par des attaques tra\u00eetresses \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-train. On retrouva\u00a0<em>\u00ab\u00a0deux de ces vaillants combattants coll\u00e9s les bras en croix sur le pav\u00e9 par une mare de cette mati\u00e8re diabolique qu\u2019on\u00a0n\u2019osera m\u00eame plus nommer. Combien d\u2019ennemis les ont bombard\u00e9s\u00a0? On dut les d\u00e9gager au burin, car en plus \u00e7a s\u00e8che vite \u00e0 cause du vent et du soleil\u00a0\u00bb<\/em>. Un \u00ab Grand \u00c9chandon \u00bb, ancien militaire du nom de J\u00e9z\u00e9kel Tunenan, organisait chaque soir \u00e0 l\u2019h\u00f4tel de ville des plans d\u2019attaque. Inspir\u00e9 par les strat\u00e9gies napol\u00e9oniennes, lyrique et exalt\u00e9, il parla d\u2019un <em>\u00ab soleil de Penmarc\u2019h \u00bb<\/em> en r\u00e9f\u00e9rence au \u00ab soleil d\u2019Austerlitz \u00bb de Bonaparte, assimilant les mouettes aux aigles de la victoire du c\u00e9l\u00e8bre tableau d\u2019Antoine-Fran\u00e7ois Callet.<\/p>\n<p>Les cadavres de mouettes vaincues furent empil\u00e9s et br\u00fbl\u00e9s sur cette plage qui fit tant peur \u00e0 Maupassant lorsqu\u2019il se souvint des naufrageurs. On estime \u00e0 20 000 le nombre d\u2019oiseaux extermin\u00e9s : <em>\u00ab Avec le vent, l\u2019odeur de mouettes br\u00fbl\u00e9es s\u2019\u00e9tend jusqu\u2019\u00e0 Pont Labb\u00e9 \u00bb<\/em>, rapporte <em>Le Guide Joanne<\/em> (qui deviendra le Guide Bleu en 1919). \u00ab<em> Il conviendra de demander aux restaurateurs de fermer les fen\u00eatres si vous voulez appr\u00e9cier cette curiosit\u00e9 de Douarnenez de plus en plus r\u00e9pandue et \u00e0 la mode en Bretagne, le kouign aman, car cela ne devrait pas sentir le poisson \u00bb.<br \/>\n<\/em><br \/>\nLe troisi\u00e8me mois, il ne restait plus grand nombre de mouettes \u00e9chandon. La population fut invit\u00e9e, moyennant une coquette prime, \u00e0 exterminer le moindre des derniers individus crois\u00e9s. Les Penmarchais virent revenir avec bonheur les go\u00e9lands qui jadis leur tapaient sur les nerfs. C\u2019est alors qu\u2019on parla de d\u00e9manteler le corps des \u00e9radiqueurs, g\u00e9n\u00e9rant un nouveau probl\u00e8me, cette fois d\u2019ordre social et politique.<\/p>\n<p>Une pol\u00e9mique naquit rapidement\u00a0: pouvait-on renvoyer \u00e0 la mis\u00e8re ces hommes qui avaient risqu\u00e9 leur vie, mais surtout qui s\u2019\u00e9taient vu attribuer des salaires et des primes de risques \u00e9lev\u00e9s durant trois mois\u00a0? Une manifestation qui d\u00e9g\u00e9n\u00e9ra en affrontement avec\u00a0la mar\u00e9chauss\u00e9e eut lieu sur le port de Penmarc\u2019h\u00a0: les 300 \u00e9radiqueurs demand\u00e8rent que leur profession soit p\u00e9rennis\u00e9e, refusant d\u2019admettre que les mouettes \u00e9chandon disparues, on devait les renvoyer chez eux. Des groupuscules d\u2019\u00e9chandonneurs en col\u00e8re prirent des initiatives \u00e0 caract\u00e8re militant en montant des commandos radicaux, hors de contr\u00f4le, antiromanichels ou anti \u00ab\u00a0femmes en cheveux\u00a0\u00bb. On en vit m\u00eame d\u2019anticl\u00e9ricaux\u00a0; un comble s\u00e9ditieux pour l\u2019\u00e9poque et la r\u00e9gion. La situation allait devenir incontr\u00f4lable. Jaouen Gurvand, un \u00e9lu se r\u00e9clamant du socialisme utopique, mouvement pourtant quasi disparu, proposa des solutions telles que la r\u00e9introduction partielle des volatiles am\u00e9ricains afin de maintenir les emplois. D\u2019autres, issus de la droite conservatrice, sugg\u00e9r\u00e8rent de convertir les activit\u00e9s des \u00e9chandonneurs.<\/p>\n<p>On trouva enfin une solution en les envoyant lutter contre d\u2019autres fl\u00e9aux d\u2019origine am\u00e9ricaine\u00a0: le phylloxera, insecte qui ravageait le vignoble bordelais depuis 30 ans. De nombreux \u00e9chandonneurs finirent par la suite leur carri\u00e8re en encadrant la lutte contre le doryphore, pr\u00e9dateur de la pomme de terre, qui apparut en France en 1922. Leur expertise au combat, leur ardeur furent appr\u00e9ci\u00e9es et reconnues ; ce qui en fit sourire toutefois beaucoup d\u2019entre eux, nostalgiques de leurs faits d\u2019armes pass\u00e9s.\u00a0<em>\u00ab\u00a0Lorsqu\u2019on a affront\u00e9 dix mouettes bourr\u00e9es dans une impasse de Penmarc\u2019h, on ne craint pas m\u00eame une grappe de doryphores. On en rigole.\u00a0<\/em>\u00bb, se souvint ainsi Fra\u00f1sez Wiomarc\u2019h, un \u00e9chandonneur dans ses\u00a0<em>\u00ab\u00a0M\u00e9moires modestes d\u2019un humble sauveur de la Bretagne\u00a0\u00bb.<br \/>\n<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur les \u00e9tourneaux : <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/%C3%89tourneau_sansonnet#Extensions_et_r.C3.A9gressions\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/%C3%89tourneau_sansonnet#Extensions_et_r.C3.A9gressions<\/a><br \/>\nSur Guy Eder de la Fontenelle : <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Guy_\u00c9der_de_La_Fontenelle#Dans_l.27.C3.8Ele_Tristan\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Guy_\u00c9der_de_La_Fontenelle#Dans_l.27.C3.8Ele_Tristan<\/a><br \/>\nSur le phare d&rsquo;Eckm\u00fchl : <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Phare_d%27Eckm\u00fchl\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Phare_d%27Eckm\u00fchl<\/a><br \/>\nSur Penmarc&rsquo;h :<a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Penmarch#Le_XIXe.C2.A0si.C3.A8cle\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"> http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Penmarch#Le_XIXe.C2.A0si.C3.A8cle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[Chronique parue dans le d\u00e9funt (et regrett\u00e9) web magazine Terri(s)toires le 17 octobre 2013. Pour obtenir le recueil imprim\u00e9 auto\u00e9dit\u00e9 (14 m\u00e9tiers inconnus), \u00e9crivez-moi, il m&rsquo;en reste une vingtaine (gratuit et d\u00e9dicac\u00e9 contre 5 \u20ac de frais d&rsquo;envoi).] \u00c9radiqueur de mouettes (Penmarc\u2019h, Finist\u00e8re) Les esp\u00e8ces animales invasives ne sont pas nouvelles dans l\u2019Ouest. La terrible<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":6248,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[5,28],"tags":[],"fm_constellation":[141,143,140],"class_list":["post-6245","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-news","category-vieux-textes"],"acf":[],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/piaille.fr\/@francismizio\/115201598223220982","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/francis-mizio.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6245","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/francis-mizio.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/francis-mizio.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/francis-mizio.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/francis-mizio.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6245"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/francis-mizio.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6245\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6251,"href":"https:\/\/francis-mizio.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6245\/revisions\/6251"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/francis-mizio.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6248"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/francis-mizio.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6245"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/francis-mizio.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6245"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/francis-mizio.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6245"},{"taxonomy":"fm_constellation","embeddable":true,"href":"https:\/\/francis-mizio.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/fm_constellation?post=6245"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}