[Où étais-je le… ?] 11 février 2020, au tribunal de Nantes — et j’ai gagné !

[Explications de ce projet mémoriel et nettoyeur numérique en bas]

Le 11 février 2020 à 8h38, il y a 6 ans, j’étais au tribunal de Nantes pour un différend qui m’opposait depuis 5 ans avec l’agence immobilière loueuse de mon logement précédent, un vaste appartement dans l’île. Je regardais défiler les textes de droit sur un bandeau lumineux du hall et j’en avais plus qu’assez de tout ce cirque.

Les voleurs de l’agence immobilière prétendaient que j’avais rendu l’appartement dans un état déplorable alors que je l’avais briqué avant de le rendre avec 2 autres personnes pendant 3 jours… et il était nickel. Le directeur me réclamait 5 000 € de peinture injustifiée après avoir tenté de me faire revenir pour un 2e état des lieux — le premier qui m’avait été favorable (et je dirais : normal, reflétant la réalité), établi précédemment par une membre de son agence, ne lui ayant pas convenu. On avait  fini — littéralement — par se hurler dessus. Par principe, je n’ai jamais voulu céder : je ne suis ni un voleur ni un dégueulasse.

Derrière, il y avait en fait autre chose : l’habitude pour ce magouilleur menaçant de faire payer les travaux de rafraîchissement par ses locataires partants qu’il intimide (souvent des étudiants en colocation) — et je me suis aussi senti investi de donner une leçon à ce salopard pour qu’il perde à l’avenir cette pratique consistant à escroquer les gens (on peut toujours rêver).

Après 5 ans de harcèlement intense, envers mes cautions et moi-même, après maintes menaces et envois d’huissiers (il faut nerveusement tenir, croyez-moi) et la construction par l’agence d’un dossier fallacieux (ils ont produit des photographies de dommages qui ne venaient pas de mon appartement, avancé des arguments fallacieux…), la note d’intérêts et de frais de retards ayant monté leur réclamation à plus de 8000€ (ils avaient déjà gardé ma caution de 1600€ cinq ans plus tôt !), nous avons fini donc au tribunal.

Entre 8h26 et 8h38, attendant mon avocat et d’entrer dans la salle en attendant, je regardai le lent ballet de l’homme de ménage qui astiquait le sol  — allait-on enfin passer l’éponge ? — de ce bâtiment glaçant et sinistre créé par Jean Nouvel — sans doute son idée de la Justice.


À 8h38, j’entrais dans la salle. À la couleur, on sent à cet endroit, que ça commence à être chaud.

Mon avocat parisien venu tout exprès, maître C., un ami de très longue date, obsessionnel et teigneux, écrivain par ailleurs (que je peux vraiment vous recommander) leur a mis une pâtée d’anthologie. Ce fut
ju-bi-la-toi-re. La présidente a parfois masqué son sourire. À la fin de sa plaidoirie et de ses démonstrations pointilleuses, maître C. exultant a tendu la main à l’avocat adverse décomposé en lui glissant : « sans rancune, confrère ». 

J’ai gagné.

La prétendue dette a été annulée. En outre, ils  ont dû me rendre ma caution. Maître C. avait demandé  des dommages et intérêts pour le harcèlement durant 5 ans, mais je ne les ai pas eus. Manière sans doute pour la présidente de ne pas risquer de voir l’affaire aller en appel et encombrer le tribunal déjà surchargé et qui a bien autre chose de plus important à faire.

Cela m’a au final évidemment coûté les frais d’avocat — plusieurs milliers d’euros — et encore maître C. m’avait fait un prix.

Mais fi : mon honneur était rétabli : je ne suis ni un voleur, ni un dégueulasse.
Et un connard a appris qu’il ne peut pas faire impunément ce qu’il veut.

J’avais longtemps ruminé l’envie d’attendre quelques semaines, puis de lui envoyer anonymement par la poste une photo de doigt d’honneur — il aurait compris.

Et puis fi, j’ai laissé tomber. On a mieux à faire dans la vie.

 


Afin de nettoyer les 14 529 photos et 334 vidéos (à la date du 1er mai 2025 lors de laquelle je décide de m’astreindre à ce projet) accumulées depuis 2001 (date de mes premières photos numériques), je passe en revue chaque jour la date du jour : c’est-à-dire que par exemple en tapant (2 mai) dans le moteur de recherche de mon logiciel de stockage de photographies, apparaissent tous les 2 mai lors desquels j’ai pris des photographies. Je peux donc virer les images inutiles (personnes et lieux totalement oubliés, oubliables ou à franchement oublier ou non identifiables, photographies sans un quelconque intérêt…), nettoyer ainsi ma photothèque (et soulager de façon infinitésimale mon bilan carbone) en m’entraînant à un exercice de mémoire.
Je publie les photographies ici à la minute près (donnée accessible dans les métadatas des images), comme un voyage instantané au travers du temps.


Index des « Où-étais-je ? » parus pour l’instant :